Les solutions

La contremarque de la chasse au Trésor du Temps a été découverte le 6 juillet 2018, à 16h, par la chasseur « Angelus », associé au chasseur « Zarquos », dans une combe dans la région des Grands Crêts de Mézery, à une altitude de 1200m, dans la partie ouest de la Vallée de Joux.

Brume matinale à l’arrivée sur les lieux (photo: Angelus)

La douce combe cachée… (photo: Angelus)

Le croisement de murs en pierres sèches, repère final du Trésor du Temps (photo: Angelus)

La contremarque du Trésor du Temps, la carte de la mine d’or de la Dent de Vaulion, juste après sa découverte par Angelus! En parfait état après 4 ans passé sous terre. (photo: Angelus)

Les solutions complètes seront publiées ici même d’ici à la remise du Trésor du Temps aux gagnants, dans le courant du mois de septembre. Afin de vous permettre de passer un été serein, nous publions aujourd’hui déjà la résolution de la dernière énigme.

Un peu de botanique

Au sortir de l’énigme précédente, « Quand j’ai enfoui mon trésor », l’on se trouve sur le chemin de la Réserve (chemin qui traverse le Risoud depuis la Thomassette jusqu’à la frontière) et l’on pointe en direction du sud-ouest (le décryptage permettait d’obtenir la phrase suivante: « ARRIVE LA AVEC LE JOUR SELENE A SIX HEURES JE PRIS LA DIRECTION DE LA PROCHAINE PLEINE LUNE. NOTE LE NOM DU CHEMIN AU PASSAGE ». L’explication plus précise sera présentée avec la solution complète de cette énigme).

La date de la dernière énigme, « La Toussaint », indique littéralement qu’il faut s’intéresser à tous les saints, soit logiquement à toutes les énigmes précédentes !

La première chose que l’on découvre dans cette énigme, c’est l’acrostiche dans le texte de la page de gauche, à lire de bas en haut : « de Candolle ». Soit Augustin Pyrame de Candolle de son nom complet, botaniste suisse (1778-1841) qui a grandement contribué à la dénomination binominale des plantes. L’on comprend qu’il s’agit alors d’identifier les plantes de la page de droite et de déterminer leurs noms binominaux connus à l’époque de Jean R.

[La meilleure source pour ce faire est le centre national de données et d'informations sur la flore de Suisse : www.infoflora.ch]

Dans l’ordre alphabétique :

Bouleau pendant > BETULA PENDULA
Bleuet > CENTAUREA CYANUS
Oeillet des Chartreux  > DIANTHUS CARTHUSIANORUM
Prêle des eaux courantes  > EQUISETUM FLUVIATILE
Fétuque rouge  > FESTUCA RUBRA
Berce des prés  > HERACLEUM SPHONDYLIUM
Marguerite  > LEUCANTHEMUM VULGARE
Potentille de Crantz  > POTENTILLA CRANTZII
Scabieuse colombaire  > SCABIOSA COLUMBARIA
Myrtille  > VACCINIUM MYRTILLUS

Cette étape comporte un piège à éviter : à l’époque de Jean R. le nom binomial POTENTILLA CRANTZII n’existait pas encore (1897), on retiendra donc POTENTILLA SALISBURGENSIS (1789).

L’on s’attaque ensuite aux deux cryptogrammes de la page de gauche. Il faut se souvenir ici que la première énigme indiquait déjà l’emplacement du trésor. On réutilise donc le texte de la Saint Hygin, en comptant ligne par ligne depuis la droite, selon le principe miroir institué par le tout premier message décodé en morse. Ce qui donne en clair :

USE ICI DE CE QUI N’A PAS SERVI AVANT

Le passage en revue de ce qui n’a pas servi permet d’identifier 3 ensembles d’éléments  :

- Les titres des énigmes.
- Les dates (jour) des énigmes
- Les éléments notés au fur et à mesure des énigmes

L’on résout donc le deuxième cryptogramme en assemblant les titres des énigmes dans l’ordre chronologique (attention au piège : si l’ordre des mois donne l’ordre de résolution, l’ordre chronologique place la Saint Hygin en dernier! Son titre doit mettre la puce à l’oreille au sujet de cette information cruciale). L’on compte à partir de la gauche et toujours depuis le début :

LESEAUXCAPRICIEUSESDEPUISLORIENTDELORBESARTUMLESMOINESBLANCSPLUSTRENTEBOISDAVENUELESGRANDESCOMPLICATIONSQUANDJAIENFOUIMONTRESORUNPEU DEBOTANIQUETONDEBUTCESTMAFIN

Ce qui donne en clair :

LA MESURE FOIS CINQ

Ce qui indique qu’il faudra multiplier la valeur de la mesure par un facteur 5 au moment d’utiliser cette dernière.

C’est ici que les choses se compliquent et qu’une analyse plus détaillée de l’énigme s’impose. Deux chiffres se détachent en effet : le 4 et le 10. Le 4 comme 4 mots dans le titre, 4 phrases dans le texte, 4 lignes dans chaque cryptogramme et 4 noms de plantes manquants. Le 10 comme 10 lignes de texte, 10 plantes et 10 codes.

L’intuition vient maintenant des 10 lignes du texte et des 10 dates (ensemble pas encore utilisé). Il s’agit en fait de faire correspondre à chaque ligne du texte le nombre du jour du mois correspondant. Le piège à éviter (ellipse temporelle) est de sauter la 8e ligne, le mois d’août étant absent.

Ligne 1 > 11 (11 janvier)
Ligne 2 > 5 (5 février)
Ligne 3 -> 22 (22 mars)
Ligne 4 > 14 (14 avril)
Ligne 5 > 13 (13 mai)
Ligne 6 > 5 (5 juin)
Ligne 7 > 25 (25 juillet)
Ligne 8 > mois d’août, pas d’énigme
Ligne 9 > 10 (10 septembre)
Ligne 10 > 5 (5 octobre)

On applique chaque jour d’énigme 4 fois, en comptant en boucle sur la même ligne du texte. On obtient alors la suite suivante :

1 > ACDC
2 > AEBA
3 > DBBE
4 > ADEF
5 > JBFA
6 > DGBD
7 > HAIC
8 >
9 > CAAC
10 > ABAC

On constate que l’on obtient uniquement des lettres de A à J, soit d’une valeur numérique comprise entre 1 et 10, ce qui conforte la validité de la piste.

Il nous reste alors à utiliser les noms des plantes. Sur le visuel chaque plante est associée à un code, qui indique comment utiliser le nom de la plante : chaque nom binominal s’utilise 2 fois, en position « a » ou b » et dans l’ordre indiqué par les chiffres. On obtient le tableau suivant :

A B
1 Heracleum sphondylium Scabiosa columbaria
2 Dianthus carthusianorum Equisetum fluviatile
3 Centaurea cyanus Dianthus carthusianorum
4 Betula Pendula Potentilla salisburgensis
5 Potentilla salisburgensis Scabiosa columbaria
6 Leucanthemum vulgare Centaurea cyanus
7 Leucanthemum vulgare Equisetum fluviatile
8 Vaccinium myrtillus Heracleum sphondylium
9 Festuca rubra Vaccinium myrtillus
10 Betula Pendula Festuca rubra

Il suffit maintenant d’associer les 4 lettres extraites du texte aux 4 noms des plantes ligne par ligne et l’on obtient la suite suivante :

1 > HHBL
2 > DHQF
3 > TYIH
4 > BDNB
5 > AAOC
6 > CEEN
7 > HVMU
8 >
9 > SRVR
10 > BEFB

Il s’agit de mettre ce résultat dans l’ordre alphabétique des saints (pas encore utilisé) et d’appliquer cette clé de 36 lettres sur le dernier ensemble non utilisé, à savoir les éléments notés au fil des énigmes :

DH QF, CE EN, HV MU, TY IH, HH BL, BD NB, SR VR, AA OC, BE FB

LAC TER > (solution de la Sainte Agathe)
1298 > (solution de la Saint Boniface de Mayence)
117 > (solution de la Saint Christophe)
1158 > (solution de la Saint Epaphrodite)
MOLARDS-SUR-CHEZ-VILLARD > (solution de la Saint Hygin)
GRAND ESSERT DU VENT > (solution de la Saint Onésime)
LA COCHE > (solution de la Saint Maxime, Tiburce, Valérian)
LAC BRENET > (solution de la Saint Nicolas de Tolentino)
CHEMIN DE LA RESERVE > (solution de la Sainte Placide)

Ultime piège tendu par Jean R. il s’agissait de compter en commençant par la fin de la clé, soit

2/6/5/2/3/15/1/1/18/22/18/19/2/14/4/2/12/2/8/8/8/9/25/20/21/13/22/8/11/8/5/3/6/17/8/4

Et voilà la phrase en clair qui apparaît:

A 271 MILLE MESURES CROISEE DES MURS DE BISE

Il reste alors à interpréter ce résultat en reprenant le parcours sur la carte là où on l’avait laissé à la fin de l’énigme précédente, à savoir « Quand j’ai enfoui mon trésor ». Depuis le chemin de la réserve, en direction de la prochaine pleine lune, l’on compte 231 000 x 3mm (la mesure) x 5 = 4065 mètres, soit 16.26cm sur la carte. En mesurant cette distance depuis le point d’inflexion sur le chemin de la Réserve on tombe sur le chalet de Mézery. Il suffit de trouver la croisée des murs de pierres sèches située « de bise », soit au Nord-Est, pour découvrir le repère final.

C’est le moment de repenser une visuel de la première énigme, qui est aussi la dernière, qui indique clairement, avec le code morse MON TRESOR EST ENTERRER LA, le nombre de mesures à compter depuis le repère. Soit 220 x 3mm x 5= 3.3 mètres. La direction est donnée par l’indication cachée dans les 9 premières énigmes LA FLECHE VISE LA DENT, soit un azimut de 50.13°

Schéma extrait des solutions de Angelus et Zarquos, inventeurs du Trésor du Temps

Et la boîte était bel et bien là, attendant son inventeur. Aux dires d’Angelus, la terre était tellement dure après plus de 4 ans qu’à quelques coup de pelle du but, il s’est rendu à l’Office du tourisme de la Vallée de Joux pour se procurer une carte papier et vérifier la direction de la Dent de Vaulion, afin de caler l’azimut depuis le croisement des murs au moyen de sa boussole. Confirmé dans sa localisation, Angelus a finalement donné les coups de pelle décisifs et a fait résonner un cri de joie loin à la ronde !

 Précision historique: Louis-Benjamin Audemars, l’horloger à l’origine du Trésor, est né non loin de la cache, au lieu-dit « Derrière les Grandes Roches ».

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